Les petites histoires du Donon

 

 

  VICTOR HUGO  conçu au Donon ? 

Les voyeurs surpris posent la question  est-ce vrai?

 Ils ont découvert sur une roche de la plate-forme haute du Donon, pas très éloignée de la table d'orientation, la fameuse plaque  

 " En ce lieu le V floréal An IX  fut  conçu Victor Hugo "

Certes, Victor Hugo est .... Victor Hugo ! mais annoncer le lieu de conception est déjà bien original, sinon indiscret. Est-ce la réalité?

  C'est Hanz Lang, alors directeur général des Musées de Strasbourg, qui a fait apposer la plaque en 1965-1966. Et à premier examen cela donne confiance.

  Alain Decaux qui a publié en 1995 une dernière biographie de Victor Hugo opte pour la sincérité de l'annonce du Général Hugo , père de Victor. On sait en effet que l'aveu trouve créance dans une lettre du 19 novembre 1821 du Général à son fils où on relève la confidence               

" créé ... sur un des pics les plus élevés des Vosges, lors d'un voyage de Lunéville à Besançon..."

  Ayant rencontré l'hôtesse d'Alain Decaux lorsqu'il est venu sur le site du Donon prendre des notes avant la rédaction de son ouvrage, j'ai appris que l'auteur se mettait à table en s'écriant" ici, tout sent Victor Hugo ". Mais, le 5 floréal c'est pour notre calendrier le 26 avril. Peut-on raisonnablement imaginer à cette époque de l'année des amours sur une herbe gorgée d'eau!

    Second cloute  le Donon n'est guère sur la route de Lunéville à Besançon. Et d'ailleurs Léopold Hugo qui était commandant d'armes à Lunéville  a appris sa mutation pour Besançon le 19 août suivant. Il pouvait difficilement aller reconnaître en avril sa future affectation....

    Surtout, nous connaissons dans le détail l'intimité à l'époque du ménage des époux Hugo. Sophie, la future mère de Victor, est en avril la maîtresse du Général de La Horie qui est venu la retrouver à Lunéville, couvert de lauriers. On imagine mal dans ces circonstances la scène du Donon telle que la détaille Alain Decaux.

Alors pourquoi cette confidence peu crédible de Léopold à son fils?

Les époux Hugo se sont séparés et l'épouse est décédée. Les relations du père avec ses enfants ont été orageuses. Léopold fait donc un pas vers un rapprochement qu'il souhaite. Mais il semble qu'à aucun moment Victor Hugo n'y ait cru. Il s'est réconcilié avec Léopold Hugo " mon père, ce héros au sourire si doux ..." nulle trace du Donon dans ses écrits. Les guides touristiques continuent d'accréditer l'épisode vosgien. un " atout " pour le Donon alors qu'il paraît que le sérieux Hans Lang a reconnu devant un ami qu'il s'agissait pour lui, initiateur de la plaque….d'un canular!

 


 

Donon, sommet de l'Etrange...

    Il est fascinant pour beaucoup, d'aller à la découverte des connaissances d'autrefois. Parmi celles-ci l'art de vivre en harmonie avec univers et d'être conscient de l'impact sur l'être humain de son cadre de vie.

Trois ouvrages récents ont le mérite de pousser ce type d'investigation sur le site du Donon.

G. Altenbach et B. Legrais ont connu un vif succès pour leur livre "Lieux magiques et sacrés en d’Alsace et des Vosges "

   Pour les auteurs, la plate-forme haute du Donon bénéficie d'une  « onde de vie » maximum  qui fait  « que le promeneur, malgré l'effort nécessaire pour parvenir au but, sent qu'il récupère très rapidement au sommet ses énergies ».

   Les auteurs ajoutent que, pour bénéficier de cette puissante « onde de vie » , des religieux ont, après le V° siècle, bâti un monastère au Donon, thèse qui est absolument contredite par le Père Poirson, éminent spécialiste de l'histoire locale, pour qui entre le V° et le XVIII° siècle le Donon était des chaumes abandonnées aux troupeaux avant que les anciens monuments gallo-romains ne servent de carrière de pierres pour les mines et forges de Grandfontaine et Framont.

     A. Landspurg a, lui, écrit en 1992 « les Hauts lieux d’énergie de l’Alsace, des Vosges et de la forêt noire » pour situer avec précision les lieux privilégiés dune forte vibration cosmo-tellurique.

   Pour l'auteur, l'homme vit sous l'influence des rayons cosmiques ( le ciel ) et telluriques (la terre ) et les lieux de culte païen sont toujours situés dans des hauts-lieux d'énergie. Bien entendu les chrétiens ont adopté les mêmes lieux pour y établir croix, calvaires, chapelles et églises, ne serait-ce que pour éradiquer la tentation de poursuivre les cultes païens. L'auteur ajoute aussi pour profiter eux-mêmes des « ondes de vie ».

    L’auteur en montant au Donon rencontre des grandes pierres plates, pour lui il s'agit donc menhirs renversés et il a cette belle formule " depuis qu'on a renversé les menhirs, les dieux ne parlent plus aux hommes ". S'il rencontre des pierres a cupules, il y voit le lieu de sacrifice.

    Après avoir constaté des mouvements de son pendule à l'emplacement des anciens temples, le radiesthésiste tombe en arrêt devant le " puit sacré " qui, selon la légende.. est l'entrée de l'enfer. Mais pour d'autres, il s'agirait seulement d'une citerne destinée à constituer une  réserve des eaux de pluie....En tous cas, les allemands pendant la Guerre de 1914 s'en servaient pour y accumuler leurs immondices

 Au sommet, le pendule du radiesthésiste ne s'arrête plus, le magnétisme constaté est  à  son comble.

    Avant cet ouvrage, A. Landspurg avait en 1990 commis  pour tenter de convaincre les esprits rationnels un autre ouvrage initiatique  " l'Alsace, terre de sourciers " (ne pas confondre avec sorciers ) où il expliquait comment les radiesthésistes vibrent avec leur instrument en résonance avec les forces cosmo-telluriques.  

    Déjà la région du Donon où il avait. excursionné avec un groupe de disciples tenait une large place dans ses constatations. L'auteur avait conclu. des mesures prises près des roches à cupules, que l'eau qui avait stationné dans la roche s'était chargée de radioactivité, et avait dû servir autrefois « d'eau de guérison » une sorte de potion magique pour les Celtes.

     A. Landspurg avait également situé au cours de cette excursion, le lieu d'émergence de la nécessaire  « source sacrée »  pour l'approvisionnement en eau du lieu de culte. Et il constate qu'aujourd'hui encore a cet endroit  « l'herbe est plus haute et plus verte »

     Arrivé au sommet, près de la table d'orientation, tous les excursionnistes sont d'accord « l'endroit chauffe littéralement les pieds ». Et l'auteur de conclure   « c'est un endroit de sortie de vibrations telluriques, l'un des plus forts, lieux sacrés d'Alsace »

Nul doute sur la lecture de ces ouvrages ne renforce 1’intèrêt touristique du site. A chaque époque ses croyances.

Et pour expliquer le mouvement pendulaire des baguettes des radiesthésistes, la présence de filons de fer dans le sous-sol du Donon n'est-elle pas une explication ?

    Lors d'une émission de TV de FR 3 « Au bout de la rue » en 1995 consacrée au Donon, Monsieur J.P.. Dillenseger, architecte à Mulhouse et expert auprès des Tribunaux., a confirmé l'existence de courants telluriques « forts » au soumet de la montagne voulant en voir l'origine dans la présence imposante dans le grès du quartz dont les propriétés piezo-électriques sont bien connues des modernes.