Les petites histoires du Donon
Les voyeurs surpris posent la question est-ce vrai?
Ils ont découvert sur une roche de la plate-forme haute du Donon, pas très éloignée de la table d'orientation, la fameuse plaque
" En ce lieu le V floréal An IX fut conçu Victor Hugo "
Certes, Victor Hugo est .... Victor Hugo !
mais annoncer le lieu de conception est déjà bien original, sinon indiscret.
Est-ce la réalité?
"
créé
... sur
un des
pics les plus élevés des Vosges, lors d'un voyage de Lunéville à Besançon..."
Second cloute le Donon n'est guère sur la route de Lunéville à Besançon. Et d'ailleurs Léopold Hugo qui était commandant d'armes à Lunéville a appris sa mutation pour Besançon le 19 août suivant. Il pouvait difficilement aller reconnaître en avril sa future affectation....
Surtout, nous connaissons dans le détail l'intimité à l'époque du ménage des époux Hugo. Sophie, la future mère de Victor, est en avril la maîtresse du Général de La Horie qui est venu la retrouver à Lunéville, couvert de lauriers. On imagine mal dans ces circonstances la scène du Donon telle que la détaille Alain Decaux.
Alors pourquoi cette confidence peu crédible de Léopold à son fils?
Les époux Hugo se sont séparés et l'épouse est décédée. Les relations du père avec ses enfants ont été orageuses. Léopold fait donc un pas vers un rapprochement qu'il souhaite. Mais il semble qu'à aucun moment Victor Hugo n'y ait cru. Il s'est réconcilié avec Léopold Hugo " mon père, ce héros au sourire si doux ..." nulle trace du Donon dans ses écrits. Les guides touristiques continuent d'accréditer l'épisode vosgien. un " atout " pour le Donon alors qu'il paraît que le sérieux Hans Lang a reconnu devant un ami qu'il s'agissait pour lui, initiateur de la plaque….d'un canular!
Donon, sommet de l'Etrange...
Il est fascinant pour beaucoup, d'aller à la découverte
des connaissances d'autrefois. Parmi celles-ci l'art de vivre en harmonie avec
univers et d'être conscient de l'impact sur l'être humain de son cadre de vie.
Trois
ouvrages récents ont le mérite de pousser ce type d'investigation sur le site
du Donon.
G. Altenbach et B. Legrais ont
connu un vif succès pour leur livre "Lieux magiques et sacrés en d’Alsace et des
Vosges "
Pour
les auteurs, la plate-forme haute du Donon bénéficie d'une « onde de vie » maximum
qui fait « que le promeneur, malgré l'effort
nécessaire
pour parvenir au but, sent qu'il récupère très rapidement au sommet ses énergies ».
Les auteurs ajoutent que, pour bénéficier
de cette puissante « onde de vie » , des religieux ont, après le V°
siècle, bâti un monastère au Donon, thèse qui est absolument contredite par
le Père Poirson, éminent spécialiste de l'histoire locale, pour qui entre le
V° et le XVIII° siècle le Donon était des chaumes abandonnées aux troupeaux
avant que les anciens monuments gallo-romains ne servent de carrière de pierres
pour les mines et forges de Grandfontaine et Framont.
A. Landspurg a, lui, écrit en 1992 « les Hauts lieux d’énergie de l’Alsace, des Vosges et de la forêt noire » pour situer avec précision les lieux privilégiés d’une forte vibration cosmo-tellurique.
Pour
l'auteur, l'homme vit sous l'influence des rayons cosmiques ( le ciel ) et
telluriques (la terre ) et les lieux de culte païen sont toujours situés dans
des hauts-lieux
L’auteur en montant au Donon rencontre des grandes pierres plates, pour lui
il s'agit donc menhirs renversés et il a cette belle formule " depuis
qu'on a renversé les menhirs, les dieux ne parlent plus aux hommes ". S'il
rencontre des pierres a cupules, il y voit le lieu de sacrifice.
Après avoir constaté des mouvements de son pendule à l'emplacement des
anciens temples, le radiesthésiste tombe en arrêt devant le " puit sacré
" qui, selon la légende.. est l'entrée de l'enfer. Mais pour d'autres, il s'agirait seulement
d'une citerne destinée à constituer une réserve
des eaux de pluie....
Au
sommet, le pendule du radiesthésiste ne s'arrête plus, le magnétisme constaté
est à son comble.
Avant cet ouvrage, A. Landspurg avait en 1990 commis
pour tenter de convaincre les esprits rationnels un autre ouvrage
initiatique " l'Alsace, terre
de sourciers " (ne pas confondre avec sorciers
) où il expliquait comment les radiesthésistes vibrent avec leur
instrument en résonance avec les forces cosmo-telluriques.
Déjà la région du Donon où il avait. excursionné avec un groupe de
disciples tenait une large place dans ses constatations. L'auteur avait conclu.
des mesures prises près des roches à cupules, que l'eau qui avait stationné
dans la roche s'était chargée de radioactivité, et avait dû servir autrefois
« d'eau de guérison » une sorte de potion magique pour les Celtes.
A. Landspurg avait également situé au cours de cette excursion, le lieu d'émergence
de la nécessaire « source
sacrée » pour l'approvisionnement en eau du lieu de culte. Et il
constate qu'aujourd'hui encore a cet endroit « l'herbe
est plus haute et plus verte »
Nul
doute sur la lecture de ces ouvrages ne renforce 1’intèrêt touristique du
site. A chaque époque ses croyances.
Et
pour expliquer le mouvement pendulaire des baguettes des radiesthésistes, la présence
de filons de fer dans le sous-sol du Donon n'est-elle pas une explication ?
Lors d'une émission de TV de FR 3 « Au bout de la rue » en 1995
consacrée au Donon, Monsieur J.P.. Dillenseger, architecte à Mulhouse et
expert auprès des Tribunaux., a confirmé l'existence de courants telluriques
« forts » au soumet de la montagne voulant en voir l'origine dans la
présence imposante dans le grès du quartz dont les propriétés piezo-électriques
sont bien connues des modernes.